La gravure
         
 
La gravure est l’art de tracer par incision à la surface d’une matière quelconque, des caractères, des ornements ou des figures. La gravure a une double fin : elle peut être un procédé de décoration ou bien un moyen de tirer par impression plusieurs copies.
Le terme de gravure s’applique à la fois à l’art de graver et aux productions de cet art : on dit d’un artiste qu’il pratique la gravure et d’un amateur qu’il recherche telle ou telle gravure, ou encore telle épreuve d’une gravure déterminée.
Les principaux outils du graveur
Brunissoire, Burin, Pointe sèche, Roulette.
   
       

Techniques fondamentales
Elles sont au nombre de trois
La gravure sur bois. La gravure sur métal, La lithographie.
Il est à signaler que l’artiste doit graver l’envers pour obtenir, à l’impression, une image à l’endroit.

La gravure sur bois
Sur un bloc de noyer, de poirier ou de buis bien plané, l’artiste trace à la plume la composition que doit traduire le graveur. Celui-ci alors évide, à l’aide d’un canif, les parties blanches de l’image en épargnant les traits du dessin lesquels,, laissés ainsi en relief seront susceptibles de recevoir l’encre et d’être imprimés. D’où les noms de gravure en taille d’épargne ou de gravure en relief que l’on donne aussi à la gravure sur bois.
Ce travail terminé, la planche est encrée et imprimée. À l’origine, l’impression se faisait à la main, au frotton ; après la découverte de l’imprimerie, on employa la presse typographique.

Gravure sur métal
La gravure sur métal est une gravure en creux. C’est d’ailleurs l’un des noms sous lesquels on la désigne, par opposition à la gravure sur bois ; on la nomme aussi taille-douce.
Pour graver une composition sur le métal, les deux procédés les plus employés sont le burin et l’eau forte.

La gravure au burin
Le burin est une petite tige d’acier montée sur un manche de bois et taillée en biseau, à l’aide de laquelle le graveur creuse dans une plaque de métal polie, généralement des petits sillons dont l’ensemble représente une composition à reproduire.

La gravure à l’Eau Forte
L’artiste dessine, à l’aide d’une pointe, sur la plaque, préalablement recouverte d’un vernis. Partout où elle passe, la pointe met le métal à nu, plus ou moins selon que le trait du graveur est plus ou moins appuyé. On verse alors sur la plaque de l’acide nitrique (eau forte), lequel attaque le cuivre là où il est à découvert, laissant intactes les parties où le vernis n’a pas été enlevé : c est ce qu’on appelle faire mordre une planche. La plaque étant ensuite dévernie, l’encrage et le tirage se font comme ceux de la plaque gravée au burin.

Procédés accessoires
À la gravure au burin peuvent se rattacher la pointe sèche, que le graveur produit en travaillant le métal directement, mais à l’aide d’une pointe et non d’un burin. La manière noire ou mézotinto, dite manière anglaise dans laquelle la plaque est tout d’abord « bercée » à l’aide de l’outil appelé berceau destiné à grainer la plaque totalement, afin d’obtenir un noir uniforme. C’est en écrasant les grains au brunissoir plus ou moins fortement que l’on obtiendra les blancs et demi-teintes (ce travail devra être fait à la loupe).

De la gravure à l’eau forte dérivent : l’aquatinte qui vise à rendre l’effet d’un dessin au lavis : pour ce faire, le graveur répand sur le cuivre une fine poudre de résine et la fixe par un léger chauffage, puis il travaille sa planche à l’aide d’un pinceau chargé de vernis avant de la faire mordre à l’eau forte ; il peut aussi arriver à ce résultat en travaillant aux outils le cuivre nu. Le vernis mou qui se pratique en dessinant sur une feuille de papier mince interposée entre la pointe et la planche recouverte d’un vernis mou et traitée ensuite à l’eau forte. L’épreuve donne l’effet du dessin au crayon gras. La plupart de ces procédés peuvent s’employer conjointement.

GRAVURE ORIGINALE ET GRAVURE DE REPRODUCTION
La gravure peut être soit une œuvre d’art originale ou plutôt d’interprétation, lorsque l’artiste traduit la composition d’autrui. Le graveur d’interprétation est un collaborateur, à armes respectueusement égales de talent, du peintre qu’il doit exprimer. Beaucoup de gravures anciennes, même très rares et très recherchées, ne sont pas forcément conçues et réalisées par le même artiste. Car l’on peut être un excellent peintre et un mauvais graveur